BERNARD DE VENTADOUR

 

Les ruines du château de Ventadour

Ventadour vient de l'occitan ventador (exposé au vents)

Forteresse prise par les anglais durant la  Guerre de Cents ans.

Ruines situées sur la commune de Moustier-Ventadour, près d'Egleton en Corrèze.

Le trobar

C'est la poésie des troubadours, elle est née dans un milieu privilégié de riches seigneurs, qui pour s'occuper consacraient leur temps à la chasse, aux rencontres , à l'amour et à la poésie. C'est ainsi que le grand seigneur troubadour Elbe II du château de Ventadour, surnommé le chantadour aurait créé une école de poésie ; c'est là dit-on qu'aurait étudié Bernard de Ventadour.
En fait, les mots 'trobar' et 'trobador' viennent du mot 'tropes' en latin qui veut dire mélodies composées par les moines, sur lesquelles ils créent des strophes, d'abord en latin puis en occitan. Quand les poètes se sont emparés de ce mode de composition et l'ont fait entrer dans les cours le mot 'trobar' est né. D'ailleurs en occitan 'trobar' signifie trouver d'où le troubadour, c'est celui qui sait trouver des vers.

Bernard de Ventadour, poète de l'Amour du XIIème siècle, est étudié encore aujourd'hui dans toutes les universités du monde entier. Les musiciens et chanteurs spécialisés dans le répertoire du moyen-âge interprètent ses chansons, ses vers sont cités par des écrivains et des lieux publics portent son nom. Sa renommée a traversé le monde et les siècles depuis le moyen-âge.

Extrait occitan

Tant ai mo cor ple de joya

Qu'el mon non a nul afaire
Don eu tan cossire,
Can de leis au re retraire,
Que mo cor no i vire
E mo semblan no m n'esclaire.
Que que m n'aujatz dire,
Si c'ades vos er veyaire
C'ai talan de rire.
Tan l'am de bon' amor
Que manhtas vetz en plor
Per o que melhor sabor
M'en an li sospire.

Extrait traduit

J'ai tant de joie au coeur

Il n'y a au monde nul souci
Qui tant me préocuppe que,
Quand d'elle j'entends parler,
Mon coeur ne se bouleverse
Et mon visage ne s'illumine.
Quoi qu'on m'entende dire,
Toujours il semblera
Que j'ai envie de rire
Je l'aime d'un amour si vrai
Que souvent j'en pleure,
Car je trouve aux soupirs
Meilleure saveur.

Nuit et jour je médite

Nuit et jour je médite et pense et veille,
Plains et soupire et puis m'apaise;
Quand mieux m'advient j'en retire peine,
Mais une bonne attente m'éveille
Dont mes chagrins s'apaisent,
Fol, pourquoi me dire que j'en retire du mal :
Car si noble amour me l'envoie
Que l'envoi seul m'est un gain.

Que ma Dame ne s'émerveille
Si je lui demande son amour et un baiser,
Contre la folie dont je parle
Ce sera gente merveille
Si elle m'accole et me baise,
Dieu puisse-t'on se récrier déjà
("Ah, tel vous voie et tel vous ai vu !")
Pour le bonheur que l'on voit en moi !

Noble amour, je me fais votre compagnon
Car ce n'est ni promesse ni sort
Mais ce qui plaît à votre grâce
(Dieu je le crois m'en gratifie)
Que si noble amour soit mon sort.
Ah ! Dame, par pitié vous prie
Qu'ayez pitié de votre ami
Qui vous demande grâce si doucement !

Bernart demande grâce a sa dame
Qui si doucement lui fait grâce

Et si je ne la vois d'ici peu
Je ne crois pas que je la verrai de longtemps.

J'ai le coeur si plein de joie

qu'il transmue nature :

le froid me parait fleur blanche

et jaune et vermeille,

avec le vent et la pluie

mon bonheur s'accroit

mon chant s'en exalte et monte

et mon prix s'épure.

J'ai tant d'amour au coeur,

de joie et de douceur

que le gel me semble fleur

la neige verdure.

Ah Dieu ! que ne suis je une hirondelle

pour traverser l'air

voler dans la nuit profonde

jusqu'en sa demeure ?

Douce dame, si heureuse,

votre amant se meurt

je crains que mon coeur ne fonde

si ce mal ne dure.

Je vous aime, mains jointes

Madame et vous adore !

 

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